C’est au Mans que l’édition 2004 du Fury Fest se déroule. Exit le hangar de Rezé, c’est le parc des expositions près du célèbre circuit des 24heures qui sera cette année pris d’assaut par une horde de chevelus en tout genre.
Résolument plus métal que l’an dernier, le cru 2004 du Fury Fest va laisser des traces... et pas que sur les corps. Plus grand (2 scènes), plus long (3 jours), plus ambitieux (70 groupes!) et surtout plus méchant (qui a dit que Dying Fetus ou bien Hatebreed faisaient de la musique de chambre ?). En bref, un festival des musiques extrêmes comme il manquait un dans notre beau pays.
Cette année le site compte 2 scènes ( la Velvet et la Mainstage). La première est une petite salle d’environ 1500 places qui a plus tenu de sauna géant (faisait au moins 45° là-dedans) que de la salle de spectacles climatisée. La seconde, beaucoup plus grande, fut le repaire des grosses pointures et des circle pit les plus méchants... et accessoirement l’endroit ou le volume sonore fut le plus élevé. Gros son de rigueur mais gros son de qualité.
Vendredi 25, début des hostilités.
Comity - Velvet

N: Le hardcore parisien se porte bien et la meilleure preuve qui soit est le set de Comity. Le hardcore chaotique n’étant pas une spécialité maison, j’ai sûrement du rater quelques subtilités à la chose, néanmoins, il faut reconnaître que c’est assez énorme tant visuellement que musicalement.
Grosse impression donc pour ce premier set.
C: Dès le début les choses seront mises au clair avec eux : quand on connaît pas sur album et que c’est pas tellement le style de prédilection de la maison, du destructuré en live ça fait vite mal au crâne et au bout de 10/15 minutes j’en peux plus. Le niveau technique est certes excellent mais ça ne sera jamais mon truc.
Blood For Blood - Mainstage

N: On enchaîne ensuite avec Blood For Blood. Toujours hxc mais dans un registre un peu différent, là on fait dans la moshpart pure et dure. Set monstrueux d’efficacité et de hargne, le groupe tient son public et le fait remuer sur des chansons qui sont toutes plus ou moins reprises en choeur par ceux qui survivent au carnage du pit.
Bonne claque, au propre comme au figuré. La suite s’annonce bien ;)
C: du hardcore idéal pour le pit, lourd et hargneux...efficace mais assez vite lassant pour moi, ça se laisse regarder en entier parce que le set est court.
Ignite - Mainstage

N: Voilà qu’entre en scène les « papys » du fest avec un set anthologique. Avec son style bien old school, Ignite se met dans la poche le public et le côté punkisant ultra mélodique régal les amateurs de bonne musique. Une sublime reprise de Sunday Bloody Sunday de U2 ponctuera le set de fort belle manière. Elle sera suivie par la non moins sublime Veteran qui acheva de ravir les fans.
Très grosse impression laisser par Ignite.
C: Alors que ça n’officie pas du tout dans un style que j’apprécie un très bon set, ils proposent quelque chose de frais, simple et direct qui passe à merveille en live. A noter un très joli tshirt « Fuck Bush » et un petit discours qui allait bien avec, pas que je sois ultra-fan du mélange politique et musique mais le discours était juste et n’en faisait pas des tonnes. Un bon moment.
Born From Pain - Velvet

N: Le hardcore/métal des hollandais est toujours aussi efficace, la présence du groupe sur scène est toujours aussi impressionnante, et le chanteur fait toujours du camping à plat ventre sur les 2 premiers rangs de la fosse tandis que le coreux amateur de black métal se trouvant à la guitare tape des poses d’anthologie.
Un concert monumental qui restera comme l’un de plus marquants de ce premier jour.
The Haunted – Mainstage

N: HO MY FUCKING GOD !
Que ce fut court… mais que ce fut bon! Tuerie sans nom à tous les niveaux, la setlist était grandiose (manquait juste Shithead). Tout y est passé, DOA et même 99 qui s’avère être un carnage sans nom en live. Ajouter à celà un Peter Dolving très joueur auteur de la phrase culte du jour "looking at all those fine gentlemen, I wish I was a faget", tout ça sur un air détaché avant d'envoyé Bury Your Dead. A revoir de toute urgence.
C: Une véritable boucherie fine, Peter Dolving reprend sa place dans les règles de l’art et ce fut dix fois plus intense que ce fut court. J’attendais beaucoup du groupe, mission accomplie deuxième meilleur concert du fest pour moi. Pit déchaîné et moi aussi, j’en ai d’ailleurs raté Born From Pain pour aller manger/boire de toute urgence.
Hatebreed - Mainstage
N: Ils n’étaient pas là l’an dernier, qu’à cela ne tienne, cette année ils sont bel et bien là et ils vont le faire savoir. Hatebreed est dans la place en mettant LA CLAQUE du jour. Moment d’anthologie musicale avec son énorme et puissance de feu incomparable. Tout y passera, de This Is Now à I Will Be Heard pour achever les survivants d’un pit qui restera dans les mémoires comme étant le plus destructeurs des 3 jours.
Un pur régal.
C: Peut-être le meilleur groupe du fest pour concilier les coreux et les métalleux, et bordel quel massacre...et attention, je parle au sens propre : jamais je n’ai vu de pit aussi impressionnant par la violence et la taille. Et sur scène c’est violent tout pareil : la rage palpable sur album est décuplée en live, et Jamey hurle sans jamais perdre en puissance. Enorme.
Testament - Mainstage

N: Attendu au virage par 1/3 du zine, le set de Testament devait nous en foutre plein les mirettes. Pour le coup on en a eu plein les oreilles à cause d’un son approximatif et d’un Steve Smyth bourré comme un canard. Reste néanmoins Bostaph qui frappe comme un sourd, Chuck Billy pour occuper le terrain, « Metal Mike » pour les solos à faire pleurer un Eric Petersen dans le plâtre et Maître DiGiorggio pour la leçon de basse qui fut une fois de plus un des moments forts du concert avec une monstrueuse basse à 2 manches (ça vous fait rêver messieurs je me trompe ?).
Ce bon set, malheureusement raccourci pour de mystérieuses raisons, enverra à la trappe Into The Pit à mon plus grand regret. On est loin de la performance du Wacken 2003, mais dire que le concert fut mauvais serait mentir. Une petite faiblesse dirons nous.
C: Même si le groupe a forcément été en dessous du Wacken 2003 (2 e meilleur concert de ma vie quand même), ça reste du Testament donc ça a écrasé quasiment tout le reste. Pourtant ils n’ont pas eu de chance : pas de caisse claire sur DNR, son qui restera médiocre...Mais ce groupe a la grande classe, avec surtout Paul Bostaph, Metal Mike et DieuGiorgio qui ont livré une performance de folie pure ; à noter un public en grande majorité non connaisseur assez amorphe.
Soulfly - Mainstage

N: Le concert de l’Olympia m’ayant plus ou moins réconcilié avec le groupe, j’appréhendais déjà moins les retrouvailles avec Cavalera et sa bande. C’est donc presque avec plaisir que je retrouve un Soulfly plus en forme que jamais qui déroule son excellent set devant un public conquis.
Ce que le concert de l’Olympia avait plus ou moins indiqué se confirme ici. Soulfly redevient une bête de scène et le line up est excellent. Rizzo et Burns sont vraiment à leurs places dans ce groupe et Maxou semble revivre. Il dirigea son concert de main de maître, bien secondé en cela par ses 3 acolytes qui ne regardèrent pas à la dépense. Soulfly a mis le feu qu’on se le dise.
Très grosse prestation de groupe. R.A.S. du côté de la setlist qui est une version raccourcie de celle de l’Olympia.
C: Je me suis emmerdé, j’aurais pu me barrer plus tôt du fest je l’aurais fait. Même quand il reprenait du Sepultura je m’ennuyais, c’est dire...pourtant ce n’était pas mauvais loin de là, et j’ai même été franchement étonné par la qualité du line-up actuel (notamment Rizzo à la gratte, largement au-dessus de ce que je pouvais penser), mais il manque un truc que le Sepultura actuel a su garder. Ça reste efficace et taillé pour la fosse, mais Soulfly n’est définitivement pas un groupe pour moi.
Samedi 26, round 2
Korum - Mainstage

N: Les groupes français et moi ça fait toujours deux. Le death de Korum me laisse de marbre, son côté hyper technique, voir même un peu déstructuré par moment est relativement déroutant. Il n’en demeure pas moins que le groupe est musicalement très impressionnant.
Bien mais pas transcendant.
C: j’ai été légèrement déçu par leur prestation, moins bonne que celle que j’avais vu à la Loco en première partie de Gojira car beaucoup plus statique d’une part (sauf le chanteur) et aussi il me semble que le groupe a pris un virage plus chaotique, déstructuré. Et comme je l’ai déjà dit pour Comity ça devient vite fatiguant. Avec tout de même un niveau technique de brutes.
Caliban - Mainstage

N: Le métalcore est un genre de très à la mode en ce moment et Caliban en est un des meilleurs représentants. Bien que le concert fut franchement bon. Je ne peux m’empêcher de leur trouver les mêmes faiblesses que sur album. Ca part très fort et ça redescend presque aussi vite que c’est monté, ensuite on a l’impression que ça tourne en rond. Bien qu’en relativement bonne forme compte tenu de leur planning de tournée, le groupe a semblé avoir du mal à tenir son public sur la fin du set. Dommage.
C: du bon gros metalcore direct, violent et hyper efficace sur scène ; personne n’en demandait plus pour se jeter dans le pit et faire partie du « wall of death », même si sur la fin il manquait un truc ; mais un bien bon concert.
Dying Fetus - Mainstage

Concert absolument monstrueux, ultra carré, hyper efficace et épuisant. Le death/grind poussé à cette intensité c’est, pour moi, du jamais vu et ça envoie de bûches mais attention...
Monstrueusement au point techniquement, « monstrueusement » présent scéniquement (quelle idée d’avoir un ours comme chanteur), Dying Fetus était le groupe à voir en cette belle après midi.
C: C’était mou, ennuyeux et sans vie. Quelqu’un m’a cru ? Si oui allez vite voir par vous-même ce que ça donne, un groupe de brutes à tous les niveaux. C’est (extrêmement) technique mais fluide, violent et idéal pour faire passer des envies de meurtre, de plus le groupe s’éclate visiblement en alternant les blasts avec des passages écrasants. Excellent concert, du genre qui vous file la patate pour le reste de la journée.
Funeral For A Friend - Mainstage

N: Chercher l’intrus... regardez qui joue avant et qui joue après, y’a rien qui vous choque ? En dehors de ce que je trouve être une erreur de placement dans l’ordre des groupes, Funeral nous a envoyé son emocore et ce fut un vrai bonheur. Groupe dynamique et chaleureux, il n’a malheureusement pas pu profiter à fond du temps qui lui était imparti car le public n’a pas totalement répondu présent, la faute justement à ce placement hasardeux dans le « running order » des groupes.
Quoiqu’il en soit je me suis régalé. A revoir (peut-être dans une salle plus petite).
The Dillinger Escape Plan - Mainstage

N: 2 titres, c’est le temps qu’il m’a fallu pour être soûler. Totalement incompréhensible, la musique du groupe demande une très grande attention et quand on n’a pas la tête à voir des gusses se contorsionner et hurlant comme des putois, forcément...
Il n’en demeure pas moins qu’au niveau de la technique, c’est du lourd.
Définitivement pas ma tasse de thé.
C: Moi et le déstructuré en live...voir ce que j’ai dit pour les autres groupes. Quand on est pas fan c’est vraiment pas en concert qu’on peut se réconcilier avec ce genre de musique.
Throwdown - Velvet

N: Throwdown fait dans le hxc à mosh parts qui déboîtent. Du gros tough avec des gars qui gesticulent et sautent partout et un chanteur constamment affalé sur le premier rang du public. Son énorme, grosse présence scénique, grosse claque pour le public.
Excellent set, ça donne envie de les revoir dans d’autres conditions.
Killswitch Engage - Mainstage

N: Le spectacle comique du jour. Impossible de rester de marbre devant les pitreries d’Adam (qui par ailleurs se ballade en tongs avec un short de plagiste dans les coulisses). A côté de ça, le groupe donne tout ce qu’il a et... c’est la claque. Super efficace, KSE met tout le monde d’accord avec un set quasi parfait et des titres judicieusement choisis. Tout le monde s’en donne à cœur joie, sur scène comme dans le public. Un vrai régal.
C: Forcément c’était moins jouissif que dans la petite Boule Noire (concert mythique pour tous les membres d’e-nderground) avec 300 personnes sans barrières ni vigiles, mais quel claque tout de même !! Howard maîtrise à la perfection les chants hurlés grave/aigu et surtout mélodique (ce qui n’était pas le cas avant), la musique du groupe cartonne comme c’est pas permis sur scène et Adam est vraiment une bête de scène, à remuer et faire le con en permanence. Dans le top 5 du festival haut la main.
Chimaira - Mainstage

N: Dieu nous est apparu.
100% carnage
100% efficace
100% hargneux
100% dynamique
100% métal
LE concert du fest.
C: LE concert, celui qui m’a mis à genoux au figuré et en mode furieux dans la fosse. Carnage sur scène et dans le pit, Mark hurle comme un malade entre deux voltiges de dreads, le headbang est de mise pour tout le groupe et le nouveau batteur (malgré deux-trois coups de travers sur l’intro de Pure Hatred) prouve qu’il n’a pas de complexes à avoir comparé à Andols avec force jets et tournages de baguettes dans tous les sens. J’aurais même eu droit au dévastateur Overlooked que je n’espérais même pas...
Toute concurrence est morte et enterrée, je tuerais pour avoir des concerts comme ça plus souvent (si j’y survis, fallait voir mon état physique à la sortie mais j’étais HEU-REUX).
Meshuggah - Mainstage

N: Dense, technique, complexe, peut-être même trop quand on est novice en matière de Meshuggah. Impossible de rester de marbre devant un tel déballage technique mais la compacité du tout rend la musique peu abordable pour ceux qui ne la connaisse pas. Difficile donc pour moi de juger de la prestation de Meshuggah. En tout cas les amateurs semblaient ravis bien qu’un peu critique quant au choix des titres joués ce soir.
C: Nom de Dieu des concerts comme ça j’en aurais pas vu souvent, deux à vrai dire ; l’autre étant Type O Negative en 99. Les points communs : un son proprement unique qu’aucun groupe n’a/ne peut avoir, une présence scénique forte et une musique limite hypnotique...quand on finit par rentrer dedans. C’est franchement inhumain niveau synchro entre les musiciens pour une musique aussi saccadée, dommage que je ne connaisse pas le groupe sur album parce que sur la fin j’ai jeté l’éponge. Un groupe pour connaisseurs principalement.
Fear Factory - Mainstage

N: Dire que je les attendais est un doux euphémisme. 3 ans d’abstinence et d’attente dans l’espoir de les revoir en concert. Ben pour le coup, je me suis pris un bon taquet.
Sur la setlist, rien à dire, c’est du très très haut de gamme avec le retour de titres qui n’avaient plus connus les joies de la scène depuis 2001. Ce fut donc avec délectation que j’ai apprécié Dog Day Sunrise ou bien Zero Signal. Les grands classiques étaient bien entendu de la partie. Que serait un concert de Fear Factory sans Shock, Edgecrusher ou bien Demanufacture ? Cependant le bémol vient en fait de la prestation en elle même. Raymond ne semblait pas dans un grand jour vu le nombre de pains sur les 2 premiers titres. Burton fut quasi statique. Quant à la guitare, elle était presque absente, non pas que Christian faisait de la figuration mais la faute à un son pas bien régler du tout. Non en fait il manquait un petit je ne sais quoi qui nous aurait fait rentrer dedans à 100%. Un Dino Cazares peut-être ?
C: Une setlist assassine (Scumgrief, Martyr, Zero Signal en plus de tous les grands classiques), Byron Stroud bien intégré au groupe (je l’avais d’ailleurs croisé en train de se balader dans le fest et j’ai parlé deux bonnes minutes avec lui ; il est d’une gentillesse et d’une simplicité que son physique de brute épaisse ne laisserait pas soupçonner ;) et malgré tout juste un bon concert.
Que s’est-il passé ? Un son mal réglé (la gratte de Christian était famélique), une prestation statique de Burton qui a mis un peu de temps avant de rentrer dans le bain, des foirés éléphantesques de Raymond à la double – un comble ! – sur le début qui ont défiguré Cyberwaste, un public qui n’a que très peu réagi...Les nouveaux titres dont la reprise de Nirvana passent très bien le test de la scène, mais rien à faire quelque chose n’était pas là.
Dimanche 27, le bouquet final
Scarve - Mainstage

N: Alors là, payes ta claque ! Pfiouuu ça envoie du bois et pas qu’un peu. Les 2 chanteurs se complètent parfaitement, c’est ultra dynamique et la musique pourtant très dense sur disque paraît ici beaucoup plus simple sans perdre sa technicité. Une prestation excellente.
C: Essai transformé, ce concert confirme le show du VS Fest et ce que j’en pense sur album : c’est une tuerie directe et implacable, et en live malgré un bassiste invisible (mais pas inaudible) ça cartonne et ça remue violemment surtout du côté des chanteurs (même si c’était un cran en deçà du VS Fest). Dirk est un monstre batteur, Sylvain balance des soli impeccables et....le concert est trop court quel dommage. Parce qu’entre les annulations et la balance de Slipknot ayant duré une heure (on y reviendra) les sets de tous les groupes de la mainstage auront été écourtés et sans balances jusqu’assez tard ; dans tous les cas excellente prestation du groupe.
Dew Scented - Mainstage

N: Après le très linéaire concert du Wacken 2003, j’avoue avoir eu des appréhensions quant au set de Dew Scented. Bonne surprise ici puisque le tout c’est avéré être un peu moins linéaire que prévu, le groupe ayant gagné en efficacité live bien que sur la durée, certains défauts refassent leur apparition.
C: Pareil que pour le Wacken 2003, pendant 10-15 mn on s’en prend plein la tête et après jusqu’à la fin du set on en a plein le cul ; c’est efficace mais linéaire et pas original pour deux sous. Je passe.
Nasum - Mainstage

N: Grind your mind, tel est le credo du groupe et on peut dire sans prendre trop de risque qu’il s’y tient plutôt bien. Mieszko a tenu son set de bout en bout et n‘a laissé aucun moment de répit au public. Enorme mais fatiguant à la longue.
N: Le grind aussi extrême n’est pas vraiment mon truc, effectivement c’est monstrueux d’agressivité et les doigts de tout ce beau monde doivent fumer à la fin des chansons mais trop c’est trop pour moi, et je préfère partir bien me placer pour Carnal Forge (mon seul concert dans la Velvet Stage). Reste que pour les amateurs d’agression pure y a pas eu mieux de tout le fest.
Carnal Forge - Velvet
C: Après avoir attendu un très long moment après la fin des réglages (dont une gratte 7 cordes, assez peu courant pour être signalé dans le genre), les zicos arrivent enfin sur scène pour balancer la sauce direct pied au plancher sans le décoller de tout le set. Un excellent concert où tout le monde se donne sans compter (mention au batteur qui arrivait à faire les voix en fond bien gutturales tandis qu’il tapait comme un mort), avec un chanteur déchaîné qui ira à répétition se frotter aux premiers rangs et se permettra de bonnes petites touches d’humour bien rafraîchissantes parmi toute cette hargne.
Ce n’est certes pas le groupe et le concert du siècle, mais ça reste un excellent moment de pur plaisir qui est très limite de finir dans le Top 5 malgré toutes les pointures autour.
Loudblast - Mainstage

N: Je vais certainement paraître méchant mais c’est à se demander comment ce groupe a pu devenir culte à ce point dans la scène française avec des prestations live aussi moyennes. C’est certes carré et efficace mais c’est statique - comme bon nombre de groupes de death d’ailleurs. Néanmoins les titres de Cross The Thresold (mon disque de Loudblast préféré) firent leur effet ce qui ne fut malheureusement pas le cas du reste de la setlist.
Bien mais pas transcendant.
C: J’avais trouvé ça linéaire et fatiguant à la Loco au VS Fest, faut dire que la journée avait été longue et qu’il y avait eu Gojiraaaaah juste avant. Ben malheureusement c’était pas seulement à cause de la fatigue : en live Loudblast ça va ½ heure ou à peine plus, après je décroche. On sent l’expérience de la scène, c’est hyper carré et très pro (Buriez et Alex à la gratte c’est quand même quelque chose !), mais non malgré mes efforts j’arrive pas à maintenir mon attention. Pour le coup le statut de groupe culte m’échappe à moi aussi.
Discharge - Mainstage
N: Heu... en dehors de The Possibility Of Life’s Destruction j’ai rien vu.
C: Ils ont joué exactement comme je m’y attendais d’après le style et la réputation : rapide, bordélique, primaire. Après on aime ou on aime pas –j’aime pas du tout– parce que ça reste très spécial, notamment le chanteur qui n’a aucune voix.
Agnostic Front - Mainstage
N: J’avoue n’avoir mis le nez dans la salle que pour Friend Or Foe (non même pas honte). En plus je suis pas fan.
C: J’ai dormi sur le côté de la salle (authentique). Même pas honte moi aussi. J’ai déjà vu Miret faire sa star au Resistance et ça m’a suffi, et j’aime pas du tout la musique en plus de l’attitude de toute façon (putain si y avait pu avoir Sick Of It All à la place....).
Morbid Angel - Mainstage

N: Seconde séance de tartinnage intensif. Pas du tout mon genre mais quelle tarte ! Techniquement c’est bluffant (Sandoval is da man), visuellement c’est un truc de malades. Ce mythe du death métal m'a laissé sur le cul.
C: Le genre de groupe qui met toute une salle à genoux même si on aime pas sur album, parce que là on a affaire à quelque chose à peine humain. Le son est lourd, le niveau technique dépasse l’imagination (bordel mais comment fait Pete Sandoval ??? Et les soli en tapping façon zone rouge d’Azagtoth ???) et il se dégage quelque chose de particulier en live, qui m’a rappelé cette atmosphère spéciale de Gateways to Annihilation. On ne peut qu’admirer un tel groupe sur scène.
Slipknot - Mainstage

N: Le scandale... oui vous avez bien lu : le scandale. Slipknot était là... avec un son PARFAIT (c’est suffisamment rare pour être signaler) et ces cons ont tout gâché. Les cons en question n’étant pas Slipknot mais le public du Fury.
Faisant preuve d’une intolérance assez incroyable, une bonne partie du public a perturbé le concert au lieu de simplement faire comme d’hab quand la musique ne plaît pas : partir. Pendant 2 jours ils l’ont fait, la ils restent juste pour foutre le souk et saboter ce que certains (dont moi) attendaient depuis 3 jours. Ce geste purement gratuit aurait pu être lourd de conséquences sur la suite des événements vu comment les choses se sont présentées au départ. Pour tout dire, le groupe est arrivé sur scène sous les hués du public (au cri de « slipknot enculés »), sans compter les projectiles divers et variés qui partaient direction de la scène. Il était bien entendu hors de question pour le groupe de tenir un set entier de cette manière. La setlist a donc été remanié en conséquence et raccourci au minimum syndical. Le groupe n’a cependant pas baissé les bras, Corey essayant de se mettre dans la poche la frange du public venu pour les voir. Peine perdue. De leur côté les autres membres du groupe se sont contentés pour leur part d’esquiver les projectiles et de répondre aux provocations avec moult gestes obscènes. Le clown frisant le pêtage de plombs au point de descendre de la scène pour aller chercher un mec qui l’avait visé.
Slipknot n’a donc joué qu’une petite heure au lieu des 90 minutes prévues et a assuré avec un minimum de classe un concert à risques qui pouvait dégénérer à tout instant.
Bravo messieurs.
Setlist :
742617000027
(SIC)
The Blister Exist
Eyeless
Three Nil
Duality
Eeyore
Disaster Piece
Spit It Out
Wait & Bleed
515
People=Shit
Surfacing
C: Inutile de m’attarder sur la connerie profonde partagée par cette belle communauté des métalleux en tous genres (avec l’aimable participation des crusts et des coreux pour cette fois), voyons du côté du groupe : un son effectivement énorme (bon son constant durant le fest sauf dimanche matin en raison des décalages au passage), une très bonne prestation de Joey quasiment sans pains, comparé au Parc ça change, avec un son de batterie ENORME (on entendait sa caisse claire et pas uniquement la double pendant les blasts, une première !!), James qui était écoeuré, le Clown et Chris qui ont été à deux doigts de descendre dans la fosse, Corey qui a assuré avec classe selon moi au vu des circonstances, Mick qui a joué et s’est défoncé comme si tout était normal....un concert bon qui aurait pu être un des tout meilleurs de ce fest mais qui s’est soldé par un immense gâchis.
Si ce n’est l’épisode désastreux du dernier soir, l’édition 2004 du Fury Fest a tenu toutes ses promesses. L’alléchante affiche regroupant à peu près tous les styles de musiques extrêmes a permis une rencontre pas forcément gagner d’avance entre tous.
Big Up à :
Anne Claire - « trop reloud ce planning »
Sarah - « j’ai perdu des journalistes »
KarineS - « encore toi ? »
Laurent - « HAAAAA Dying Fetus, enfin un vrai groupe! »
TD - « ‘tain je vois rien sont trop grands »
Ben - « quand je mets mes lunettes on dirait chester »
Eric - « non mais ils se sont trompés de couleurs sur les tshirts »
Martin - « ha si je suis un peu blasé... mais pas autant que lui »
Et à l’année prochaine !
E-nd au fury et en chiffres :
- 37 groupes vus (mais 26 chroniqués)
- 637 photos prises (324 d’exploitables lol)
- 6h de sommeil (sur 3 jours)
- 34 verres de bière (seulement) sachant qu’un seul membre de la team seulement a eu accès à la bière
- 6l. d’eau transpirés par personne et par heure
- 4 kinder country
- 2 nuts
- 3 jambons/fromages
- 1 barquette de frites
Et l’addition svp.
Par: NicKo et Cowboy (en italique)