Lieu: Milwaukee - Eagle's Ballroom
Date: 21 Septembre 2006
Pas moins de huit groupes participent, cette année, au Gigantour, festival de metal itinérant initié par Dave Mustaine et parcourant, comme le Ozzfest, les routes des Etats-Unis. Pas mal de monde à se succéder sur la scène du Eagle’s Ballroom ce jeudi donc. Les organisateurs n’étant apparemment pas des couche-tôt (ou alors du fait d’une législation drastique sur les heures de fermeture des salles de concert – allez savoir), les premiers concerts auront lie des le milieu de l’après-midi. Ce qui s’avèrera fâcheux pour l’auteur de ces lignes, qui aura manque le set d’Overkill ainsi que la quasi-totalité de celui des Suédois d’Arch Enemy. Difficile de juger de la performance du groupe sur quelques titres a peine, mais le quintette ne m’a pas paru au meilleur de sa forme lors de leur performance midwestienne (si je puis ainsi m’exprimer). La faute a un son approximatif ? A une salle beaucoup trop grande et encore très loin d’ être remplie lorsque le set s’achève, vers 18h30 ? Fin de set difficile après avoir tout donné ? Toujours est-il que les Suédois, près d’un an après le set cataclysmique donne au Bataclan au début de la tournée Doomsday Machine, paraissaient bien fatigues et peu convaincants. Dommage, surtout quand on sait la hargne dont ils peuvent faire montre sur scène.
Quelquechose que l’on appréciera, en revanche, c’est la qualité de l’organisation ; un tout petit quart d’heure suffira pour remballer l’attirail des death metalleux et pour le remplacer par celui d’une autre formation suédoise, et pas des moindres puisqu’il ne s’agit de rien moins que d’Opeth. J’avais aimé Deliverance, et Blackwater Park encore davantage sur disque, mais je m’étais arrêté la. La révélation viendra de la scène. Car c’est bien simple, pour statiques qu’ils sont, les musiciens d’Opeth assurent ce soir un set en tout point excellent, tant techniquement (avec un son tout bonnement parfait) qu’émotionnellement. La voix de Mikael Akerfeld, divine sur le chant clair, impressionnante dans le registre death, remplit parfaitement son office. Difficile de ne pas être conquis par les compositions sinueuses, complexes, changeantes du quintette, par la délicatesse et l’inventivité des arpèges, par la virtuosité des solos, par la beauté pure des lignes de chant. Hélas, tout ca semble passer loin, très très loin au-dessus de la tête du public du Midwest qui réclame Lamb Of God a corps et a cris entre chaque titre. Et pousse la bêtise et l’intolérance jusqu'à jeter des cacahuètes à la figure d’Akerfeld, quand l’attitude a adopter face a un tel concentré de talent (de génie ?) serait de se mettre a genoux. (Non, je ne suis pas subventionné par le Cowboy, au cas où vous auriez des doutes) Belle preuve d’ouverture d’esprit de la part de nos amis ricains. Dépité, le chanteur/guitariste annonce quand même un dernier titre : Deliverance, dans lequel le groupe se lance avec une énergie qui pourrait paraitre superflue au vu des circonstances. On devine tout de même la frustration sur le visage d’Akerfeld… Set écourté ? Je l’ignore, mais on n’aura droit ni a Harvest, ni a A Fair Judgment ce soir, et l’amertume domine lorsque le groupe quitte la scène. Vivement la prochaine fois… à Paris.

Une bonne demi-heure plus tard, c’est au tour de Lamb Of God d’investir la scène du Eagle’s Ballroom. Halo violet. Silhouettes en contrejour. Et, d’un coup, un grand fracas, un tonnerre assourdissant, un déferlement de haine et de brutalité balaye la salle. C’est Lamb Of God, c’est lourd, très lourd, c’est franchement pas fin, mais force est de reconnaitre que c’est efficace. Scéniquement, ce serait parfait (dans le genre) si le dénommé Randy, beugleur en puissance, n’en faisait pas beaucoup trop dans le registre bête et méchant et « plus cliché tu meurs ». on aura même le droit a la diatribe anti-MTV ; si le fond n’était en soi pas idiot, difficile de croire que, même en classant Sacrament, leur dernier né, a la huitième place du billboard chart, ce soit avec un type comme ca que le metal gagne de l’estime auprès des majors et au détriment de la soupe FM, comme il semble l’espérer (et ce, nonobstant l’allure de gros bourrin de base qu’il se donne). En dehors de ca, l’ambiance est du tonnerre, le public déchainé, le son énorme, ca pogote de partout, contrat rempli bien que ce ne soit pas du tout ma tasse de thé, je l’avoue.
Enfin, ce sera au tour de Megadeth de clore le festival. Les bougres se portent plutôt bien, et assureront un set techniquement irréprochable, carré, efficace, dans une ambiance quasi-bon enfant. Dave Mustaine est visiblement ravi d’être la et de resservir quantité de classiques, dont un fougueux Tornado of Souls, et nous dévoile même un nouveau titre, qui devrait faire partie d’un album à paraitre mais ne dépare absolument pas dans le set. Même si le look fait rigoler (eighties, cliché, on va jusqu’au ventilateur dans les cheveux du batteur, surélevé, pour lui donner une allure de… enfin, vous me suivez), on se surprend a admirer la précision des musiciens, a dodeliner gentiment du bonnet et a entonner certains refrains plutôt puissants, même en ne connaissant quasiment rien au groupe (soyons honnêtes) et en ne goutant pas particulièrement le genre sur disque.

Ainsi donc, les aventures de Vean au pays des chevelus se seront soldées par une bonne surprise… Si ca continue, je vais finir à Wacken l’an prochain moi*.
*NicKo: je prends note :D
Photos copyright Gigantour.com
Par: Vean