» E-ND » Dossiers » See you on the other side

See you on the other side

Nous sommes un mercredi, il est 18h, il fait noir et il pleut. Atmosphère adéquate pour se rendre dans les locaux de Virgin/EMI afin d'assister à l'écoute en avant-première du nouvel album de KoRn, 'See You On The Other Side' (sortie le 5 décembre). On ne va pas blablater pendant trois heures sur l'avant-écoute, même si je pourrais longuement m'étaler sur l'architecture de la somptueuse bâtisse ou nous étions, ou encore de la déco intérieure. Je sais, ici on parle de musique.

Une bonne partie de la presse online est présente ce soir et tout ce petit monde se retrouve dans une salle d'écoute qui n'a rien à envier à celle que l'on voit dans les films. L'accueil est chaleureux, de la mangeaille et des boissons à notre déposition et hop, on peut démarrer.

Alors que dire.avant de rentrer dans le détail, autant vous prévenir de suite que KoRn avait beaucoup à prouver de mon coté après leur très fade 'Take A Look In The Mirror'. Du coup, c'est méfiant mais plein d'espoir que je suis arrivé à cette écoute. Et pourtant.

Allez on y va pour une track by track, système que je n'apprécie pas particulièrement mais qui marche bien dans ces conditions :

(A noter que la tracklist est non définitive et que le tout est susceptible de changer).

Twisted Transistor : Premier single du nouvel album connu par beaucoup. L'intro est languissante, et on semble entendre un sample de foule, des échos. une petit touche électro que l'on n'est pas près de perdre de sitôt. Les murs tremblent et on se rend très vite compte d'une chose cruciale : Cet album dispose d'une production de folie et d'un mixage ultra-calibré mais très spécial. En effet, le son est très mécanique, très froid et abrupt. Au point que certains passages se retrouvent aux frontières de l'indus (on y revient plus tard). Toujours est-il que pour une énième écoute de ce titre, ce dernier me fait toujours ni chaud ni froid.

Politics : La batterie de David est creuse, on sent bien le gros travail effectué pour qu'elle sonne de la sorte et cela affirme le fait que la production est bien calculée. Jonathan nous ressort sa voix rauque, frôle le flow et instaure un second titre dans la lignée du premier. Les guitares ne sont pas folichonnes et si j'étais méchant, je dirais déjà que l'absence de Head se fait ressentir. Le refrain est simplet comme pas deux, on frôle le soupçon de pop et de légers petits échos rappellent le bon temps des effets d''Untouchables'. Ce n'est pas encore ça.

Hypocrites : Une intro lourde et quelque peu glauque pour un titre qui tabasse un peu plus. Les gros riffs sont enfin de sortie et ils n'ont jamais été aussi néo dans l'âme. La rythmique semble enfin prendre un réel envol et la voix de Jon suit un tempo assez aguicheur avec l'aide d'un effet de double voix bien foutu. Sauf que là encore, rien de bien transcendant dans ce petit titre fougueux.

Souvenir : La première surprise (et encore). La production est intense et Jon passe enfin ses talents vocaux en revue. Le pré-refrain est sublime et le sieur Davis retrouve enfin ses poussées vocales qui ont rendu son chant vraiment unique (merci 'Untouchables'). Les guitares sont définitivement du coté indus de la force (on croirait entendre du Rammstein), Fieldy et sa basse retrouvent de façon subtil ce grésillement si cher au son du groupe mais malgré ce petit nombre de bons points, le tout manque cruellement d'ambiance et le refrain ne suit pas. Mouais, mouais.

2 Way : Un gros beat en guise d'intro et David fait de nouveau joujou avec une batterie électrique. La rythmique est posée et entêtante et encore une fois, le pré-refrain précède un médiocre refrain ou Jon ne parvient pas à trouver la ligne de chant qui accroche direct. Malgré tout, ça devient pas mal malgré une évidence totale à ce stade de l'écoute : il n'y a vraiment plus de génie ou d'inventivité dans les riffs de Munky.Ensuite (et c'est une particularité de ce disque), des outros instrumentales viennent ponctuer certaines fins de morceaux et font souvent place à la cornemuse bien sur ! le tout entremêlé encore de samples, et autres effets en tout genre.

Throw Me Away : Titre calme et permettant une autre certitude concernant cet album. Jamais Jon n'aura autant mis en avant ses influences new-wave. L'ambiance est froide, le son très écrasant mais comme ça en devient une habitude, les lignes de chant ne sont pas franchement bien posées et ce fade commence vraiment à poser problème.

Love Song : Enfin une chanson très intéressante. En plus les paroles sont super-émo, je vous raconte pas (je rigole hein). Bref passons cet aparté pour vous affirmer que KoRn marche vraiment sous-électro. Depuis le début, la musique du combo est un condensé de bidouillages sonores et autres samples et ce morceau très calme ne fait pas exception à la règle. L'ambiance est malsaine et renoue avec cet univers plus ou moins gothique que se donne le groupe (ou Jon plutôt). Mais il y a définitivement quelque chose qui continue de manquer.

Open Up : Pas mal de choses à dire sur ce titre. La basse entame de façon très funky ce morceau qui ne prend pas du tout la direction que l'on pourrait croire. Encore une fois, la batterie de David se veut électronique. On pense à une chanson de Duran Duran sous valium et ça marcherait presque si Jonathan variait un peu plus ses vocalises. Ce dernier semble vraiment avoir totalement oublié ce qu'il avait accompli pour les albums précédents. Il ne pousse plus autant sa voix et se contente de son timbre bien connu de tout, mais qui ne change quasi-jamais. A noter que le groupe se permet l'apport d'instruments à cordes sur le pont (des violons).

Coming Undone : Une horreur. Ou comment Korn essaie de créer une sorte d'hymne rock. Pourtant ça part pas si mal avec le retour des gros riffs insipides, une voix assez torturée, et encore un nombre conséquent d'effets pour donner forme à un refrain immonde. Mais la sortie vaut son pesant d'or avec une superbe outro faite d'harmonica, de xylophone, et d'acoustique. Rien que ça. A noter que le titre annonce le retour des « bogorythmes » (nom à vérifier) du sieur Davis.

Getting Of : Chanson ultra-simplite mais qui contrairement à d'autres, marche. Notamment grâce à une alternance furieuse des deux voix de Jon. Un rythme riche et rapide qui donne vraiment un coté abrasif à la musique du groupe qui s'endormait un peu. Malgré une mélodie toujours présente, cela n'empêche pas David de nous gratifier de petits passages de double très furtifs mais suffisants pour dire que ce titre assomme et fonctionnera à merveille en live malgré son évidente simplicité.

Liar : Un des meilleurs titres du disque de mon coté. Intro fracassante, alternance de rapide et de ralenti, refrain simple et super efficace, riffs très lourds et saccadés (vous avez dit indus ?). Encore des« bogorythmes » et une basse super groovy qui démontre encore que Fieldy ne claque plus autant ses cordes qu'auparavant.

For No One : Du 100% KoRn. Un titre qui démarre en trombe avec une retombée sur un pont donnant lieu à un refrain entêtant ou le chant se veut plaintif et mélo. Pas grande chose à dire si ce n'est qu'il m'a fait noter des « +++ » à ce que je lis sur ma feuille.

Seen It All : On retrouve un peu le coté de Open Up auquel il va falloir prêter réécoute car le groupe retourne à ce genre de chanson entre ballade morbide et chant glacial. Un coté même psychotique pour ce titre un peu à part ou le piano s'immisce doucement alors que la facette gothique n'a jamais été aussi poussée. On se croirait vraiment en pleines funérailles et pour l'ambiance c'est réussi.

Tearjeaker : Bon heureusement qu'il y a ce titre. Depuis toujours KoRn nous a habitué à ponctuer ses albums avec sans nul doute leurs meilleurs morceaux tout album confondu et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Le chant est sublime, doux, trsite, le morceau sombrement calme, presque silencieux, et jamais la mélancolie n'a été aussi appuyée. Dommage que l'arrivée des guitares vers la fin ruinent un peu cette atmosphère unique qui se dégage de ce grand morceau.

Donc : Dans un premier temps, je suis le premier à admettre qu'avec une écoute, c'est très difficile de vraiment rentrer dans un tel album mais il est évident que pour l'instant, SYOTOS ne m'a pas accroché. Je m'attendais à un mix de TALITM et d'Untouchables, et bingo cet album est presque ça. Sauf que l'on sent très, très peu le coté de TALITM (l'agressivité est bien moindre) et que le coté Untouchables semble être justement du sous-Untouchables.

Mais bravo pour cette petite évolution tout de même car on sent bien que c'est dans cette optique de KoRn a peaufiné son nouveau bébé. Un bébé qui met vraiment en avant plusieurs choses : le fait que les riffs soient vraiment plats (on se rend vraiment compte de l'importance de Head dans la musique du groupe), que Fieldy fait plus vibrer que cingler ses cordes, et que Jonathan a vraiment réussi à transposer son amour pour la new-wave dans son groupe fétiche.

J'attend la réécoute avec impatience.

Par: Freajok

Chronik'opif

Recherche par groupe

© 2003-2008 - www.e-nderground.com
Tous les noms, visuels et logos cités sur le site appartiennent à leurs propriétaires respectifs